Attentat Parisien

Dans la soirée du vendredi 13 novembre 2015, une série d’attaques meurtrière frappait Paris et le Stade de France. Le pire attentat perpétré sur le sol français depuis la Seconde Guerre mondiale a coûté la vie à 130 personnes et en a blessé près de 400. Au lendemain des attentats meurtriers qui ont endeuillé Paris, un lecteur du New York Times a laissé un commentaire sous un des articles du journal américain consacré aux événements. Ce texte a été repéré sur Twitter avant de circuler largement sur les réseaux sociaux. Il a d'abord été considéré, à tort, comme l'extrait d'un article du journal, avant qu'un internaute, Laurent Gloaguen, ne partage une capture d'écran du commentaire sur le site. Voici si-dessous le texte du lecteur du New York Times

 

"La France incarne tout ce que les fanatiques religieux haïssent: la jouissance de la vie ici, sur terre, d'une multitude de manières: une tasse de café qui sent bon, accompagnée d'un croissant, un matin; de belles femmes en robes courtes souriant librement dans la rue; l'odeur du pain chaud; une bouteille de vin partagée avec des amis, quelques gouttes de parfum, des enfants jouant au jardin du Luxembourg, le droit de ne pas croire en Dieu, de ne pas s'inquiéter des calories, de flirter et de fumer, et de faire l'amour hors mariage, de prendre des vacances, de lire n'importe quel livre, d'aller à l'école gratuitement, de jouer, de rire, de débattre, de se moquer des prélats comme des hommes et des femmes politiques, de remettre les angoisses à plus tard: après la mort. Aucun pays ne profite aussi bien de la vie sur terre que la France. Paris, on t'aime. Nous pleurons pour toi. Tu es en deuil ce soir, et nous le sommes avec toi. Nous savons que tu riras à nouveau, et chantera à nouveau, que tu feras l'amour, et que tu guériras, parce qu'aimer la vie fait partie de ce que tu es. Les forces du mal vont reculer. Elles vont perdre. Elle perdent toujours."

« Vous n’aurez pas ma haine »

 

 

Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son coeur.

 

Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un œil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.

Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.

Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus.

 

Antoine Leiris

 

Ce devait être la première soirée d’un week-end normal de novembre, combinant, par pur hasard, journée de la gentillesse, vendredi 13 et fin de l’été indien. À Saint-Denis, la France rencontre l’Allemagne, dans un matchde football amical en prévision de l’Euro 2016. Dans l’est de Paris, entre les places de la Bastille et de la République, un concert à guichet fermé du groupe américain Eagles of Death Metal bat son plein au Bataclan, tandis que les Parisiens prennent un verre en terrasse dans les cafés, les bars et restaurants du Xe et XIe arrondissements. Quand la soirée bascule dans l’horreur.

Des messages de soutien commencent à affluer de partout, depuis les États-Unis, où Barack Obama s’associe au deuil en citant la devise « Liberté, égalité, fraternité » en français dans le texte, jusque sur les réseaux sociaux.Durant toute la soirée sur Twitter, le mot-clef #porteouverte apparaît spontanément et encourage les Parisiens riverains des attaques à offrir leur toit aux passants hagards. De son côté, Facebook, dans un message de son fondateur Mark Zuckerberg, met très vite en place un système d’alerte, qui permet aux habitants de Paris et de sa banlieue de signifier à leurs proches qu’ils sont en sécurité. Si eux le sont, ce n’est pas le cas de dizaines d’autres personnes, présentes notamment au Bataclan, et dont les avis de recherche glaçants sont partagés sur Twitter et Facebook durant toute la nuit et jusqu’au lendemain matin, où, malgré un soleil timide, tout semble toujours bien noir.